L E   S I E R A   L E O N E

Le navigateur portugais Pedro de Cintra baptisa ainsi la plaine basse, surmontée de plateaux et de montagnes dentelées en forme d'une denture de lion, qu'il découvrit en 1460.

Les Anglais y établirent en 1787 un établissement sur le site de l'actuelle capitale Freetown, destiné à héberger les esclaves africains libérés par la chasse à la traite atlantique, ainsi que dans les colonies britanniques et en Amérique. Ce fut donc l'équivalent britannique du Liberia américain, à cette différence près que les Anglais se gardèrent bien d'accorder immédiatement l'indépendance à ceux qu'ils avaient sauvés.

Le territoire, administré à partir de 1791 par une compagnie à charte, devint une colonie de la Couronne en 1806, avant de devenir un protectorat en 1898. Un Conseil Législatif fut installé en 1924, et un gouvernement local en 1954. L'indépendance ne fut finalement accordée que le 27 avril 1961. Jusque là tout s'était bien passé, grâce à la tutelle britannique.

Mais malgré toutes ces précautions, des coups d'état militaires et des rébellions se succéderont à partir de 1967, jusqu'à l'instauration d'un régime de parti unique en 1978. A partir de 1991, des guerilleros libériens se joignirent à la rébellion locale, tandis que des forces militaires de Guinée et du Nigeria intervenaient à l'appui des forces gouvernementales. Une tentative de rétablissement de la démocratie fut mise en échec peu de temps après par un nouveau coup d'état militaire.

Malgré la proclamation d'un état d'urgence économique et une aide internationale de l'ordre de 15 milliards de FB, le pays sera classé en dernière position dans l'indicateur du développement humain publié par les Nations-Unies pour l'année 1992.

Il était présidé par un jeune homme de 24 ans, rendu tristement célèbre par l'assassinat de ses opposants et la suppression de toutes les libertés. Mais en fait la rébellion contrôlait déjà presque tout l'intérieur du pays, et notamment les gisements de diamant, qui constituent sa principale ressource.

Au moment où nous écrivons ces lignes, les rebelles se trouvent aux portes de la capitale, après avoir pris en otages 250 soldats de l'ONU, fait fuir plus d'un quart de la population, et massacré ou mutilé dans des conditions atroces des dizaines de milliers d'habitants. Une intervention militaire britannique est actuellement en cours, avec plus d'efficacité, semble-t-il, que celle de l'ONU (23 mai 2000).