TEMOIGNAGES

Témoignages rassemblés par José Clément, Vice-Président de l'Urome,
Ancien Administrateur de territoire et Directeur des relations publiques au Ruanda Urundi.

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Tous les témoignages qui suivent, dont la grande majorité ont été écrits avant le 30 juin 1960, apprécient l'œuvre coloniale des Belges en des termes flatteurs pour ceux qui assumaient la tâche ardue et complexe de faire du Congo un état modèle. Il n'est que juste que ces témoignages reçoivent aujourd'hui la publicité qu'ils méritent. Ils constituent le "dossier de la défense" de tous ceux qui ont œuvré honnêtement et qui sont injustement critiqués.

 

 


"Plus les Belges connaîtront les luttes que Léopold II a soutenues pour développer son oeuvre et lui assurer une place dans la famille des nations, plus ils apprécieront leur héritage. Chaque année, la dette qu'ils ont contractée envers leur second roi leur apparaît plus inestimable, et chaque année met davantage en lumière la sagacité et le patriotisme de Léopold II. Si leur grande colonie africaine a beaucoup rehaussé la puissance de la métropole, elle continuera à augmenter, à l'avenir, la richesse du monde entier".

Robert Stanley Thomson, professeur d'histoire, "La Fondation de l'Etat Indépendant du Congo", 1933 C.R.B. Educational Foundation, Russel Sage College, Troy, New York.

 


"A mes débuts dans la vie coloniale, voici près de quarante ans, j'ai trouvé ma première grande leçon en étudiant l'oeuvre du Roi Léopold II au Congo: modèle de création, d'organisation pratique et réalisatrice, de large et libérale initiative, d'intelligence des besoins matériels, moraux et sociaux des indigènes, dont toute oeuvre coloniale devrait s'inspirer et qui m'a pendant tant d'année et sur tant de points servi de guide".

Maréchal Lyautey, l'une des plus nobles figures de la colonisation, dont le Maroc honore encore aujourd'hui la mémoire. Extrait d'une lettre adressée en 1930 au comte Edmond Carton de Wiart, secrétaire particulier de Léopold II, de 1901 jusqu'à la mort du souverain.

 


"La Belgique a le droit d'être fière de l'œuvre qu'elle a accomplie et qu'elle poursuit au Congo et au Ruanda-Urundi. Elle a rempli la mission civilisatrice à laquelle Léopold II attachait une importance primordiale. Souhaitons pour ces territoires et la Belgique que cette œuvre délicate et difficile, qui exige doigté, patience et fermeté, puisse se poursuivre dans la paix et l'entente réciproque, sans lenteur ni précipitation".
"Deux faits m'ont particulièrement frappé: l'air heureux des Noirs et la sécurité absolue du pays…Le pays des razzias cruelles, de la traite impitoyable, des guerres entre tribus, des flèches empoisonnées, de l'anthropophagie, est devenu en un demi-siècle, le pays le plus sûr du monde".

Henry Vallotton, Ambassadeur de Suisse à Bruxelles, dans son ouvrage "Voyage au Congo et au Ruanda-Urundi" en 1956.

 


"Je forme des vœux ardents pour que la Belgique pût continuer une œuvre belle et vraiment respectable, en un temps où l'équilibre général du monde est menacé de toutes manières. Je fais des vœux pour ne point mourir sans avoir revu ce Congo belge dont le souvenir me réchauffe le cœur et me donne de l'espérance, même aux heures d'angoisse".

Georges Duhamel, de l'Académie française, écrivait dans "Sabena Revue" en 1958.

 


"Le développement du Congo Belge a été scientifique, en ce sens qu'il a pleinement reconnu la nécessité d'améliorer la condition de vie des indigènes et de former ces derniers d'une manière telle qu'ils puissent participer aux activités de l'industrie et de l'agriculture…Il y a peu de territoires dans lesquels on ait fait un emploi plus systématique des indigènes africains dans les travaux techniques et dans l'industrie".

Lord Hailey: The future of colonial People en 1944.

 


"L'effort fourni par les Belges est énorme, notamment dans les domaines de l'industrialisation, de la santé, de l'agriculture, de la construction de routes et d'habitations. La politique belge m'a frappé par son réalisme éclairé, et cela a renforcé mon respect pour l'efficience et l'esprit de résolution des Belges"
.

Adlaï Stevenson (candidat à la Présidence des Etats-Unis), 1957.

 


"En jetant un coup d'œil rétrospectif sur le passé, en comparant le Noir de l'Etat Indépendant et celui de l'année 1956, le Congo d'hier et celui d'aujourd'hui, on peut reconnaître en toute conscience que la Belgique n'a pas failli à sa mission, et qu'en dehors de quelques erreurs inhérentes à toute œuvre humaine beaucoup de belles et grandes choses ont été réalisées et continuent à se réaliser".

Patrice Lumumba: "Le Congo, terre d'avenir, est-il menacé ?" en 1956.

 


"Si le communisme et le panarabisme sont des dangers permanents pour l'Afrique, les indigènes qui réfléchissent, savent très bien qu'un autre danger les guette, le départ de l'européen".


"Si les Belges quittaient le Congo, ce serait un des rares cas où l'homme puisse abandonner un patrimoine qu'il a hérité au prix de généreux sacrifices, bien plus qu'au prix de combats. Le Belge ne partirait pas sans résistance, quand il pense aux capitaux investis, et aux nouvelles et jeunes générations qu'il a formées. Tandis que d'autres pays fabriquaient et vendaient des armes, la Belgique civilisait le Congo dans la paix et ses enfants perdaient leur vie sous un climat tropical".

Anicet Kashamura dans "La Presse Africaine" du 22/12/1956.

 


"Le développement du Congo belge a été scientifique, en ce sens qu'il a pleinement reconnu la nécessité d'améliorer les conditions de vie des indigènes et de former ces derniers d'une manière telle qu'ils puissent participer aux activités de l'industrie et de l'agriculture. Il y a peu de territoires dans lesquels on ait fait un emploi plus systématique des Africains dans les travaux techniques et l'industrie".

Lord Hailey - The Future of Colonial People - London - 1944.

 


"Chers coloniaux qui travaillez durement, sous un ciel redoutable, à une oeuvre patriotique et humanitaire, vous avez droit à l'estime et à la gratitude de vos compatriotes. Pendant la guerre, vous avez été, suivant la noble parole de votre chef, le gouverneur Pierre Ryckmans, quelques milliers à tenir un empire pour la mère patrie. Vous continuez et amplifiez l'action, souvent héroïque, des pionniers, cette cohorte valeureuse et clairvoyante qui sut servir les desseins du monarque au long regard. Certains d'entre vous sont morts sur cette terre d'Afrique qu'ils essayaient d'humaniser. Ils reposent dans ces cimetières émouvants de Léopoldville, de Stanleyville, de Kibati. Il y a de la chair d'hommes de chez nous dans la chaude terre africaine. Comment ne serait-elle pas près du coeur de tous les Belges".

Désiré Denuit - Le Congo d'aujourd'hui - 1947.

 
 


"Jamais auparavant un homme, qu'il fut roi ou simple mortel, n'avait créé une pareille entité, et cela sans avoir recours ni à la conquête par les armes, ni à un mariage royal, ni à quelque assassinat. Cette entité fut conçue et parachevée, en majeure partie, par la pure diplomatie d'un souverain dont les armes - il est bon de le rappeler - n'ont jamais causé de nuits blanches à aucun ministère d'Europe".

Tom Marvel - "The New Congo" 1948.

 


"Derrière le Souverain génial, nous retrouvons ici ce peuple belge si efficace, si conscient des équilibres nécessaires, si préoccupé de construire des oeuvres qui tiennent debout. On peut fêter le cinquantenaire du chemin de fer, s'incliner devant les statues de Léopold II et d'Albert Thys: l'oeuvre tient".

André Siegfried - "La Bataille du Rail" 1948.

 


"Les réalisations de la Belgique sont en général admirables. Nous n'avons pas de grandes théories coloniales. Parmi nos voisins d'Afrique, nous avons l'air de nous moquer des systèmes. Nous demandons à l'empirisme et au bon sens des solutions de sagesse que les systèmes raidissent toujours dangereusement. Avec notre manière simple, nous faisons tout doucement du Congo le chef-d'oeuvre du continent noir, une terre prospère, saine, équilibrée. C'est moins spectaculaire pour les principes, et beaucoup plus favorable au bonheur des hommes. Les millions de malades soignés gratuitement dans les hôpitaux, les centaines de milliers d'enfants dont on débarbouille l'esprit dans les écoles, les stades, les maisons, les statistiques sanitaires et le sourire de la foule détendue, tout cela parle mieux et plus qu'un orateur lointain nanti d'idées fixes".

Georges Sion - "Voyage aux 4 coins du Congo" 1951.

 
 


"La Paix règne, mais de quoi sera faite cette Paix. La natalité noire augmente et le confort aussi. Incontestablement les services de Santé belges sont les plus puissamment outillés d'Afrique. Les cinq mille missionnaires sont aussi les plus zélés et les mieux pourvus. Que dire alors de ces Belges heureux, d'autant plus chargés de responsabilités qu'ils ont mieux réussi dans leurs entreprises? Le bon sens belge fut le grand guide de l'entreprise Congo. A lui de la maintenir dans la voie de la sagesse. Elle fut et demeure une incomparable réussite".

Charles d'Ydewalle - "Congo belge et Ruanda-Urundi" 1952.

 


"Tous les journalistes et les observateurs qui ont étudié l'Afrique sont d'accord: le Congo belge est la colonie où les indigènes sont les mieux traités, et où ils possèdent le standing de vie le plus élevé".

Gabrielle d'Ieteren et André Villers - "L'Afrique mouvante" - 1953.

 


"Selon la règle coloniale qu'on désespère de faire comprendre aux Américains, les richesses n'ont pas été prises mais créées".

Paris Match - "Raymond Cartier au Congo Belge" 1953.

 


"This is something new in world history; for the Belgian attitude to Belgium's colony is unlike the corresponding view in Britain, in France, in Portugal or in Holland. The outstanding success of it prompts the reflection that Belgium may now have a message for the other colonial powers of the latter half of the twentieth century".

J.T. Hickey - "The Statist" 1955.

 


"Si nous n'avions mille raisons pertinentes d'admirer l'oeuvre des Belges dans leur belle colonie du Congo, nous pourrions encore les louer et les remercier d'une chose essentielle pour les visiteurs de ma sorte: en arrivant du Sud, on éprouve un véritable soulagement à voir les Africains sourire, rire et chanter.
La détente est immédiatement perceptible et elle comporte des conclusions qu'on imagine sans peine".

Georges Duhamel - Le Figaro 1955.

 


"La Belgique peut être fière de son oeuvre civilisatrice, réalisée grâce à l'effort de tous ceux, pionniers, explorateurs, missionnaires, administrateurs, officiers et sous-officiers, colons et agents du secteur privé, dont l'esprit de sacrifice, les courageuses initiatives et la volonté de créer ont contribué à élever les Congolais et permis aux grands peuples de donner des appréciations élogieuses sur rus qualités colonisatrices".

Horizons du Monde - n° 2 - 1955.

 


"Deux faits m'ont particulièrement frappé: l'air heureux des Noirs et la sécurité absolue du pays. Le pays des razzias cruelles, de la traite impitoyable, des guerres entre tribus, des flèches empoisonnées, de l'anthropophagie est devenu, en un demi siècle le, le pays le plus sûr au monde. La Belgique a le droit d'être fière de l'oeuvre qu'elle a accomplie au Congo et au Ruanda-Urundi. Elle a rempli la mission civilisatrice à laquelle Léopold II attachait une importance particulière. Souhaitons pour ces territoires et pour la Belgique que cette oeuvre délicate et difficile, qui exige doigté, patience et fermeté, puisse se poursuivre dans la paix, l'entente réciproque, sans lenteur ni précipitations".

Henry Valloton: Président du Conseil national,Ambassadeur de la Confédération.

 


"It is remarkable, considering the relatively modest material available to the Belgians, that they have been able into 70 years to transform this land from an unknown territory into one of the most alluring corners of the world".

Panorama of the World - 1955.

 


"La Belgique apporte son génie d'initiative, son esprit pratique, sa sagesse réaliste, son intelligence des grandes affaires. De ce point de vue, le Congo est, par excellence, une oeuvre d'exceptionnelle originalité...Sans l'intelligence, la sagesse, l'efficacité de l'administration belge, jamais ce territoire ne fut devenu un modèle de gestion, politique, économique, humaine".

André Siegfried - Sabena Revue - 1958.

 


"Le gouvernement colonial belge a réussi à conserver dans leur beauté et leur richesse primitive des contrées étendues où toutes sortes de bêtes sauvages vivent sans être inquiétées ni pourchassées, et pour cela, ce gouvernement a droit aux plus vives félicitations".

E. M. Lang et E. Schulthess - "Le Congo mystérieux" 1957.

 


"We have come back from this study an even greater appreciation of Belgian genius for building and administration. The problems of today seem great at the moment but we are sure, however in the light of the enormous past achievement in the Congo and Rwanda Burundi that adequate solutions will be found"
.

Extrait d'une lettre de deux membres du Congrès des Etats-Unis après un voyage d'étude en Afrique - 1959.

 


"Lorsque je visitai le Congo belge en 1951, on considérait cette colonie comme un modèle".

Robert Murphy - Ambassadeur des Etats-Unis.

 


"Seria tanto como negar una evidencia y cometer une injusticia si no dijeramos que et balance de los cincuentas anos de colonizacion belge en el Congo Belga es un esfuerzo gigantesco, heroico muchas veces, con alto sentido humanista otras, que ha logrado en un plazo que en la vida de los pueblos es muy pequeno, que millones de negros se hayan inciciado en nuestra civilization y abandonado definitivamente sus formas primitivas y barbara de vida; es igualmente necesario reconocer que desde el punto de vista de la transformacion de la fisonomia économica del Congo Belga se ha dado en salto gigantesco con la creacion de los grandes combinados minerometalurgicos que al transormar les condiciones économicas y sociales de los nativos dan un nuevo aliento a la entrada en el mundo de la civilizacion a doce millones de negros".

Julio Garcia Lourdes - Auge - Mexico - 1958.

 


"For years the Congo has been almost unique in its peacefulness' while unrest swept over the rest Africa".

Holiday - 1959.

 


"La Belgique pouvait quitter le Congo le front haut fière d'une oeuvre de civilisation qui avait porté cette région, jadis profondément arriérée, à un degré de civilisation que ne connaissait aucun autre pays de l'Afrique noire".

Fernand Baudhuin - Belgique 1960.

 


"It is no exaggeration to say that, in the social field, the former Belgian Congo was the most advanced country in Central Africa".

Kaï Curry Lindhal, naturaliste suédois, 1961.

 


"Mettez-vous dans la -tête, cher lecteur, que c'est en septante-cinq ans que tous ces progrès ont été réalisés. En une vie d'homme, les populations congolaises ont été arrachées à la barbarie et élevées jusqu'à une condition moderne d'existence".

"Il est exact que la Belgique a tiré des profits pendant le développement du Congo. Mais il faut reconnaître que la partie la plus importante de ces profits réalisés par les Belges ont été investis au Congo même, qui a été doté d'un outillage productif digne d'une grande nation. Jusqu'en 1957, le montant de ces investissements s'est élevé à 150 milliards de francs belges... " (NDLR : Plus de mille milliards de francs d'aujourd'hui). "Les progrès auxquels on est arrivé dans ce sens au Congo peuvent être comparés favorablement avec ceux réalisés dans les régions les plus hautement développées de l'Afrique. Cette constatation est appuyée par le rapport de 1960 des Nations Unies sur les territoires non autonomes. Dans un paragraphe particulièrement significatif de ce rapport, le représentant de l'Inde a consigné que, dans tous ces territoires, l'industrialisation a été très lente, sauf au Congo belge".

"Dans un autre rapport de l'O. N. U., également publié en 1960, ont peut lire que le niveau de développement industriel du Congo, n'est dépassé que par celui de l'Union Sud-africaine".

Tej Narain.

 


"Il convient de souligner les remarquables progrès auxquels sont arrivés les Congolais sous la colonisation belge. Le Congo était dans bien des cas supérieur aux autres territoires non-autonomes du point de vue de son organisation économique, sociale et administrative, de ses moyens de communications, de son degré d'industrialisation, de sa production et de sa distribution d'électricité, de sa politique agricole, du point de vue de l'hygiène publique, du logement et de l'éducation... La priorité avait été donnée au développement économique du pays qui conditionne toutes les autres activités. Comme l'a déclaré John Gunther dans son fameux ouvrage "Inside Africa ", les Africains paraissaient généralement plus heureux au Congo que dans les pays voisins. Ce témoignage de ce journaliste américain réputé constitue la confirmation du succès obtenu par la Belgique dans l'accession de ses sujets africains vers le bien-être... ".

"Facciamo un bilancio tra il bene et il male : nel Congo la missione del Belgio non era fallita. Se si getta un colpo d 'occhio al passato, se si paragona il Congo di una volta e il Congo degli ultimi anni del dominio belga, si deve riconoscere in conscienza che il Belgio non aveva fallito alla sua missione... ".

Ricciardetto - journaliste italien :"Elogio della Colonizzazione belge" octobre 1962, dans "Epoca".

 


"Le principal obstacle rencontré par nos experts réside dans le fait que les colonialistes ont pratiqué au Congo une médecine de luxe, et qu'en conséquence, au moment de l'indépendance, ce pays avait sur le plan médical vingt ans d'avance sur les autres régions d'Afrique... La politique de l'OMS vise à provoquer, dans les limites budgétaires acceptables, des progrès durables dans de vastes ensembles géographiques réunissant nombre de pays voire un continent entier. Par conséquent, l'avance du Congo sur les autres pays de l'Afrique noire doit être amortie... ".

"L'Echo médical" mai 1962 Rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé.
NB : le budget médical du seul Congo belge était à l'époque de loin supérieur au budget de l'OMS pour l'ensemble de la planète !

 

 
 

 

Commentaires positifs de congolais

 

 


"…Il a en retour donné du travail, il a assuré des soins médicaux, il a construit des écoles et des hôpitaux, il a ouvert des routes et mis en place des services de base et des infrastructures de développement.
Par contre, le colonisateur noir, le congolais, a détruit le pays, il n'a pas entretenu ce que le Belge a laissé : il a détourné les ressources du pays, il n'a pas donné du travail, il n'a pas payé les fonctionnaires, il n'a rien construit. Il a abusé et usé de l'arbitraire, il a bradé la souveraineté du Congo, il a appauvri son peuple et son pays. Il a compromis l'indépendance en la mettant à son service personnel et à celui de ses soutiens internes et externes".

Patient Bagenda: "Le Congo, malade de ses hommes" Editions Luc Pire en 2003.

 

 

 


"La Belgique doit continuer à nous civiliser"
"La Copaco appelle la Belgique, qui a réussi pendant 80 ans à faire vivre ensemble et dans l'union plus de 400 tribus congolaises, à revenir en République du Congo en vue d'y poursuivre son œuvre inachevée d'architecte".

Télésphore Komba-Kiokenga- Président de la Coalition des paysans congolais (COPACO), La Libre Belgique 22 décembre 2001.

     


"Colonisés, nous mangions à notre faim. Indépendants, nous mourons de faim... Colonisés, nous étions bien soignés jusqu'au fin fond de nos brousses dans des hôpitaux et dispensaires parfaitement équipés. Nos enfants naissaient dans des maternités convenablement tenues. Indépendants, les Africains, meurent, crèvent littéralement dans des hôpitaux insalubres. Dans certaines régions, dispensaires et maternités tombent irrémédiablement en ruine. Les grandes endémies reviennent au galop.


"Colonisés, nous jouissions d'une scolarité gratuite, vivante et efficace pour l'alphabétisation, l'éducation et l'instruction de nos enfants. Indépendants, nous sommes aux prises avec une scolarité fort chère pour de nombreux parents sans ressources. Ceux qui, au prix de lourds efforts, font diplômer leurs enfants, voient ces efforts annulés, la science et le savoir de leurs enfants dénigrés, niés ou méconnus sous le fallacieux prétexte d'établir un équilibre ethnique qui consiste à rejeter ou à fausser les meilleurs résultats au profit des médiocres.



 

 


"Colonisés, nous jouissions d'une relative liberté d'exprimer ouvertement nos opinions, de revendiquer nos droits, ce qui nous valut du reste nos indépendances, nonobstant l'impréparation de certains de nos tribuns. Aujourd'hui, l'indépendance assassine les libertés des Africains: celle, notamment d'exposer une opinion de ce genre, de la publier en Afrique pour informer les Africains...
En fait, la liberté en matière d'opinions politiques, d'information et de presse demeure méconnue dans l'Afrique indépendante...

"Hommage à toi, Colonisation. Tu engendras nos Etats, intangibles dans leurs contours actuels. En chacun, tu construisis des capitales et des villes, des hôpitaux et des églises, des écoles et des usines... Nous suivions des sentiers. Tu traças des routes, des rues, des boulevards. Nos cases étaient disséminées pêle-mêle ou groupées. Tu nous en construisis d'autres étiquetées de numéros.


"Hommage à toi, Colonisation. Tu nous léguas des institutions. Sous ton autorité, de nouveaux ensembles se formèrent, englobant nos villages. Ta loi réorganisa la jungle en provinces, districts ou chefferies.

"Hommage à toi, Colonisation, qui appris à lire et à écrire, à chiffrer et à compter... Hommage à toi, Colonisation. Aurais-je, sans toi, évolué ou me serais-je modestement limité à l'horizon de ma tribu?

"Hommage à toi, Colonisation. Tu me créas un continent. Tu m'offris un pays, me le mis en valeur : décloisonner les tribus, ouvrir les ethnies, rassembler frères et soeurs ennemis et les forcer à se supporter, à se connaître, à cohabiter, à aimer, à se marier... Surprenant tour de force qui te fit surnommer chez nous "Bulamatari", ce qui veut dire concasseur de pierres.

"Je te rends hommage, Colonisation. Tu m'appris de mon pays une histoire différente de celle que me narraient, les soirs, les contes de mes grands-parents, relatant uniquement mon ascendance tribale. Grâce à tes tremplins, je puis désormais de moi-même m'ouvrir à l'infini..."

Albert Tshibangu-Wa-Mulumba, "Hommage à la Colonisation", 1984, aux éditions OKEM à Paris.